AVIS RELATIF A L'EVALUATION RAPIDE DE LA PHASE PILOTE DE LA COMMUNICATION COMMUNAUTAIRE DANS LE DISTRICT DE KOLONDIEBA         

                    

 

 

 

 

 

 

TERMES DE REFERENCE POUR L’EVALUATION RAPIDE DE LA PHASE PILOTE DE LA COMMUNICATION COMMUNAUTAIRE DANS LE DISTRICT DE KOLONDIEBA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I.              CONTEXTE

Le projet USAID Communication et Promotion de la Santé- Keneya  Jemu Kan (KJK) est un projet de cinq ans (2014-2019) qui accompagne le Gouvernement du Mali dans sa politique de santé. Il est financé par l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID). Le projet KJK intervient dans le domaine de la communication pour le changement social de comportement et du marketing social. Il met en œuvre cinq programmes clés qui sont : la santé de la reproduction/planification familiale, la santé maternelle, néonatale et infantile, le paludisme, le VIH/sida, la nutrition et l’eau/hygiène/assainissement.

Selon les résultats de l’EDSMV en 2013,  le Mali enregistre encore de forts taux de mortalité maternelle, néonatale, infantile et infanto- qui sont respectivement de 364 décès pour 100000 naissances vivantes,  34‰, 56‰ et 41‰.

Parmi les déterminants, la faible utilisation des services de santé maternelle, néonatale et infantile, ainsi que la méconnaissance des signes de danger pendant la grossesse, l’accouchement et chez le nouveau-né occupent une place importante. En effet, selon les résultats de l’étude de base des projets USAID KJK et SSGI, 89% des femmes des zones d’intervention du projet ont effectué au moins une consultation prénatale, 51% ont réalisé les 4 consultations prénatales. Seuls 48,2 des femmes enceintes ont effectué leur première CPN au cours du premier trimestre. Il ressort également de cette étude que le niveau de connaissance sur les signes de danger pendant la grossesse et l’accouchement est très faible. Seulement, 19,8% et 17,1% des enquêtés ont pu citer respectivement trois signes de danger pendant la grossesse et 3 signes de danger pendant l’accouchement.  Selon cette même source, 23,5% des femmes ont accouché à domicile ; 66% des femmes ont effectué la CPON, 43,3% l’ont effectué dans les 24h00 ayant suivi l’accouchement et 58% des nouveau-nés ont bénéficié de la CPON. Les femmes vivant en milieu rural, non instruites et issues des ménages pauvres et très pauvres sont les plus touchées par ce fléau.

En plus des facteurs ci-dessus cités, les résultats de la recherche formative sur les facteurs qui influencent l’utilisation des services de santé maternelle, néonatale et infantile montrent que la faible utilisation des services de santé par les femmes est due entre autres à la faible implication des hommes, la forte influence des belle-mères dans la prise de décision, le retard dans la prise de décision pour les CPN, accouchement, et urgences obstétricales ; la faiblesse des moyens financiers des hommes ainsi que le mauvais comportement des agents de santé (mauvais accueil, remontrances, sermons etc).

Face à cette situation, le projet USAID Keneya Jemu Kan a initié dans le cercle de Kolondiéba, (dans 6 villages) l’approche communication communautaire afin d’améliorer le niveau de connaissances des communautés sur les signes de danger pendant la grossesse, l’accouchement et le post-partum et d’impliquer davantage les hommes, les belle-mères à la gestion des urgences obstétricales.

 

La phase pilote de l’intervention s’est déroulée de janvier à mars 2017. Les présents termes de référence sont élaborés pour évaluer cette phase en vue de tirer les leçons pour la mise à échelle de l’approche.          

 

II.            RESUME DU PROJET

 

La communication communautaire est un projet pilote de 3 mois mis en œuvre de janvier à mars 2017 dans le cercle de Kolondiéba. Son but est d’améliorer l’utilisation des services de santé maternelle à travers d’une part la reconnaissance des signes de danger pendant la grossesse, l’accouchement et dans le post-partum et d’autre part le recours régulier et précoce aux structures de santé. Cette approche innovante de communication consiste à communiquer par des gestes avec les communautés peu ou non alphabétisées, gestes à travers lesquels elles sont capables d’apprendre, de retenir, de partager et de décider de comment utiliser les nouvelles informations dans leur propre environnement social.

Dans le processus, les communautés génèrent leurs propres messages de santé et décident elles-mêmes de changer leurs propres comportements. Chacun des signes de danger est matérialisé par un geste. Neuf de ces «outils de communication du corps " aident les gens à se rappeler tous les signes de danger et à devenir des communicateurs en toute confiance et générer des discussions interpersonnelles au sujet de ces signes de danger maternel ainsi que la conduite à tenir face aux signes de danger.

 

La communication communautaire est mise en œuvre dans sept villages repartis entre 5 aires de santé du district de Kolondiéba. Il s’agit des villages de  Boundioba, de Samba, de N'gola, de Bankoumana, de Debena, de Moron et de Djedjeba. Les principales activités du projet concourent à informer l’ensemble de la population sur les dangers qui peuvent affecter les femmes pendant la grossesse, pendant le travail d’accouchement et en post-partum (dans les quarante premiers jours après l’accouchement). Il informe aussi sur les avantages des consultations prénatales (CPN) et de l’accouchement dans un centre de santé (CSCom ou maternité rurale). Dans chaque village bénéficiaire, les activités suivantes sont mises en œuvre: les coachings des groupes de discussions, la tenue des réunions mensuelles avec les volontaires leaders et communautaires, la collecte des données des volontaires sur les groupes de discussions, la collecte des données dans les CSCom pour l’analyse sur la fréquentation des femmes enceintes des villages concernés et la tenue de la réunion mensuelle avec les acteurs du PRODESS. Les participants aux groupes de discussion informent à leur tour d’autres personnes de leur environnement social jusqu’à la saturation du village. Le document du projet est annexé aux TDRs. L’approche est mise en œuvre par l’ONG AMPRODE/Sahel. 

La phase pilote du projet ayant pris fin le 31 mars 2016, le projet USAID KJK se propose de l’évaluer et de tirer les leçons en vue de documenter la mise à échelle de l’approche.

 

 

III.           OBJECTIFS

L’objectif général de l’évaluation est de documenter le processus de mise en œuvre et les effets de la communication communautaire sur le niveau de connaissance, les attitudes et les pratiques des populations vis-à-vis de la santé maternelle en général et celles liées à l’utilisation des services de consultation prénatale, d’accouchement y compris la référence/évacuation et de soins postnatals.

Spécifiquement, il s’agira de conduire une évaluation du processus et des effets du projet. Ainsi, les objectifs spécifiques sont les suivants :

ü  Analyser le processus de mise en œuvre du projet

ü  Evaluer les connaissances, attitudes et pratiques des communautés relatives aux signes de danger

ü  Identifier les changements dans l’utilisation des services de CPN, accouchement, CPON et la référence/évacuation

ü  Identifier les forces et les faiblesses de l’approche

ü  Proposer des suggestions pour la mise à échelle de l’approche.

 

IV.           RESULTATS ATTENDUS

Il est attendu du consultant, un rapport final décrivant le processus et les changements induits dans les connaissances, attitudes et pratiques des communautés bénéficiaires et dans l’utilisation des services de santé maternelle. Le rapport doit également préciser les forces et les faiblesses de l’approche ainsi que les recommandations pour sa mise à échelle.

 

V.            METHODOLOGIE

 

L’évaluation utilisera une approche mixte, c'est-à-dire quantitative et qualitative.

Le but de l’évaluation quantitative est double. Il s’agit d’une part de disposer des informations sur les connaissances, attitudes et les comportements des communautés bénéficiaires et des  communautés non bénéficiaires (contrôle) de l’approche. En outre, cette évaluation vise à analyser la demande des services de santé maternelle par les communautés bénéficiaires. Cela, avant et après la mise en œuvre de la phase pilote de l’approche.

En ce qui concerne les attitudes et les pratiques, il s’agira de collecter les perceptions des communautés sur les signes de danger, les attitudes et les comportements face aux  urgences obstétricales à travers une étude cas témoin à partir de laquelle, des communautés bénéficiaires seront comparées à celles n’ayant pas bénéficié de l’intervention. A ce titre, une enquête ménage sera conduite et la méthode LQAS sera utilisée.

La comparaison des données sur l’utilisation des services de santé maternelle (CPN, accouchement, CPON et référence/évacuation) des villages bénéficiaires avant et après l’intervention permettra d’apprécier la contribution de la communication communautaire à l’amélioration de la demande de ces services.  Cette analyse  pré et post intervention portera sur  les données des centres de santé communautaire. La méthode de collecte sera essentiellement la revue des supports tenus par les CSCOM et le rapport de fin de projet de l’ONG d’exécution qu’est AMPRODE/Sahel.

Pour l’enquête qualitative, des focus group et des entretiens individuels seront conduits avec les volontaires communautaires, les femmes, les hommes, les agents de santé et ceux de l’ONG partenaire. Cette composante sera exécutée dans deux des sept villages témoin. Elle sera l’occasion d’explorer le processus de mise en œuvre  ainsi que les retombées de la communication communautaire.

4.1 Echantillonnage :

Conformément à la méthodologie du LQAS, sur les sept villages bénéficiaires, 5 villages seront choisis de façon aléatoire. De la même manière, 5 villages témoin seront tirés au hasard. Ce qui fait un total de 10 villages. Dans chacun des villages échantillon, 19 ménages seront tirés au hasard, ceci correspondant à 190 ménages. Au niveau de chaque ménage, deux personnes seront soumises au questionnaire : le chef de ménage et une femme en âge de procréer. Ainsi, un total de 380 personnes dont 190 femmes et 190 hommes seront interrogés.

Pour la collecte des données qualitatives, deux villages bénéficiaires seront choisis de façon raisonnée : un village où l’approche a bien marché et un village timide. Dans chaque village 4 focus groups seront réalisés avec les leaders hommes, les leaders femmes, les jeunes et les volontaires communautaires, soit un total de 8 focus groups. De même, 8 entretiens individuels dont 4 par village seront   conduits avec les mêmes cibles. Au niveau des centres de santé, le directeur technique et la matrone seront interrogés (4 entretiens individuels). Au niveau du district, le médecin chef sera interviewé. Au niveau de la région, le point focal de la DRS, un représentant de la direction régionale de la femme, un représentant du développement social et un représentant de l’ONG seront inclus.

 

L’échantillon qualitatif sera ainsi composé de 8 focus groups et 17 entretiens individuels. 

Pour la collecte, un questionnaire CAP et des guides d’entretien seront développés.

 

Le tableau ci-dessous est le récapitulatif de l’échantillon. 

 

 

VOLET QUANTITATIF : ENQUETE

 

Villages Bénéficiaires

 

Villages

 

Contrôles

Nombre de villages échantillon

5

5

Nombre de ménages à enquêter par village

19

19

Nombre total de ménages à enquêter

95

95

Nombre  total des chefs de familles à enquêter

95

95

Nombre total des femmes en âge de procréer

95

95

 

NUMERO TOTAL D’ENQUETES

 

190

 

190

 

380 EN TOTAL

 

VOLET QUALITATIF : GROUPES DE DISCUSSION

 

Village engagé

 

Village timide

 

Nombre de DG avec leaders hommes

1

1

 

Nombre de DG avec leaders femmes

1

1

 

Nombre de DG avec des jeunes

1

1

 

Nombre de DG avec des volontaires communautaires

1

1

 

 

NUMERO TOTAL DE GROUPES DE DISCUSSION

 

4

 

4

 

 

8 AU TOTAL

 

 

VOLET QUALITATIF : ENTRETIENS INDIVIDUELS

 

 

 

Nombre d’entretiens individuels avec leaders hommes

1

1

 

Nombre d’entretiens individuels avec leaders femmes

1

1

 

Nombre d’entretiens individuels avec des jeunes

1

1

 

Nombre d’entretiens individuels avec des volontaires communautaires

1

1

 

Nombre d’entretiens individuels avec des directeurs techniques aux centres de santé

1

1

 

Nombre d’entretiens individuels avec des matrones

1

1

 

Nombre des EI avec des médecins chefs au niveau du district

 

 

1

Nombre entretien individuel avec point focal DRS

 

 

1

Nombre entretien individuel avec représentation direction femme

 

 

1

Nombre entretien individuel avec Direction développement social

 

 

1

Nombre entretien individuel avec ONG

 

 

1

 

NUMERO TOTAL D’ENTRETIENS INDIVIDUELS

 

6

 

6

 

5

 

17

 

Total participants (focus group, entretiens individuels et enquête ménage)

 

477


 

VI.           MISSION & TACHES ESSENTIELLES DU CONSULTANT/ BUREAU D’ETUDE

Le consultant/ bureau d’étude sera responsable entre autres de :

-       Finaliser les termes de référence (échantillonnage avec les zones précises, guides d’entretien et méthodologie détaillée) ;

-       Recruter et former les assistants de recherche/agents de collecte des données ;

-       Assurer la collecte et la saisie/transcription des données ;

-       Analyser les données;

-       Elaborer le rapport provisoire ;

-       Restituer les résultats préliminaires à l’équipe du projet KJK ;

-       Finaliser le rapport en intégrant les observations et suggestions émises lors de la restitution ;

-       Soumettre le rapport finalisé à l’équipe de KJK.

VII.         DUREE DE LA MISSION

La mission durera environ 20 jours à compter de la date du paiement de la première tranche. Le consultant/bureau d’étude proposera un chronogramme d’activités détaillé dans son offre technique en fonction de la durée indiquée.

 

VIII.        LES CRITERES DE SELECTION DU CONSULTANT/ BUREAU D’ETUDE

La mission sera conduite par un consultant/bureau d’étude ayant de l’expérience dans l’utilisation de la méthode LQAS et l’analyse qualitative. Le consultant principal doit avoir un diplôme universitaire avancé en sciences sociales, communication ou santé publique.

 

Le tableau ci-dessous précise les critères d’évaluation des offres techniques.

 

Critères

 

Scores Maxi

Compréhension des Termes de référence

 

15

Approche méthodologique

 

35

Expérience dans les études de marché

 

15

Qualité des ressources humaines conformément aux TDR.

 

20

Budget

 

15

 

TOTAL

 

100

  

IX.           CONTACTS AU SEIN DU PROJET KJK

Pour toutes questions relatives à l’étude, les consultants/ cabinets d’étude sont priés de s’adresser à : Dr Aoua KONARE, Conseillère technique suivi/évaluation/recherche ; Projet USAID | Keneya Jemu Kan, email : akonare@projetkjk.org;  tel bureau : 20 71 93 93.

X.            DOCUMENTS A SOUMETTRE ET ECHEANCES

Le dossier de soumission doit inclure :

-       Une lettre de couverture

-       Une proposition technique comprenant : détails de la méthodologie et calendrier proposés (avec dates de début et de fin), liste et CV du personnel clé

Les dossiers de candidature sont à envoyer uniquement par courriel à Aoua KONARE à l’adresse email suivante : akonare@projetkjk.orgavec en copie à Issiaga DAFFE : idaffe@projetkjk.org

) au plus tard le vendredi 12 mai  2017 à 10h00 GMT

NB : Le budget disponible pour cette activité est contenu dans les TDRs. Aucune modification à la hausse ne sera admise.

Budget : Le budget estimatif est de 4 671 000 FCFA (Quatre millions six cent soixante-onze mille francs CFA)

 

Rubriques

 

Nbre/qté

 

Durée

 

Unités

 

C.Unitaires

 

Total

 

I. PREPARATION, CONCEPTION

Honoraire consultant

1

1

jours

150 000

150 000

 

II. FORMATION

Perdiem enquêteurs

6

1

jours

5 000

30 000

Honoraires consultant

1

1

jours

150 000

150 000

Location véhicule

1

1

jours

60 000

60 000

carburant pour le pré- test

20 litres

 

 

700

14 000

Fournitures de bureau

10

NA

jours

1 000

10 000

Pauses café et déjeuner

10

1

jours

5 000

50 000

Compensation des participants

477

 

 

1 000

477 000

 

Total formation

 

 

 

 

 

791 000

 

III. COLLECTE DES DONNEES

Perdiem Enquêteurs

6

5

jours

25 000

750 000

Honoraires consultant

1

5

jours

150 000

750 000

Location véhicule

2

5

jours

60 000

600 000

Carburant Bamako

400 litres

NA

 

700

280 000

 

Total collecte de données

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 380 000

 

IV. Saisie/transcription des données

Perdiem agents de saisie

2

2

jours

15000

60 000

Perdiem agents de transcription

2

5

jours

15000

150 000

 

Total saisie/transcription des données

 

 

 

 

 

 

 

 

 

210 000

 

IV. ANALYSE DES DONNEES/REDACTION DU RAPPORT

Honoraires consultant

1

7

jours

150 000

1 050 000

 

Total analyse/rédaction rapport

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 050 000

 

V. RESTITUTION DES RESULTATS/FINALISATION DU RAPPORT

Honoraires consultant

1

2

jours

150 000

300 000

 

Total restitution et finalisation rapport

 

 

 

 

 

 

 

 

 

300 000

 

TOTAL GENERAL

 

 

 

 

 

4 671 000