ENQUETE DE PERCEPTION DE LA DIASPORA PAR LES POPULATIONS DES REGIONS DE MOPTI,TOMBOUCTOU ET GAO 

ENQUETE DE PERCEPTION DE LA DIASPORA PAR LES POPULATIONS DES REGIONS DE MOPTI, TOMBOUCTOU ET GAO

 

Termes de référence

I - CONTEXTE ET JUSTIFICATION

 

1.1 La présence de DRC au Mali et la collaboration de DRC avec les diasporas

 

Le Conseil Danois pour les Réfugiés / Danish Refugee Council (DRC) est une organisation non gouvernementale internationale qui promeut et soutient les solutions durables aux problèmes des personnes réfugiées et déplacées dans le monde. Au Mali, DRC s’est fixé pour but d’intervenir dans le cadre d’activités de monitoring de la protection, assistance et relèvement précoce en faveur de personnes déplacées ainsi qu’en faveur des communautés hôtes les plus vulnérables dans les régions du Nord Mali. Actuellement, il intervient dans les régions de Gao, Tombouctou et Mopti. 

DRC développe depuis plusieurs années un intérêt pour la collaboration avec la diaspora et a créé en 2010 une unité dédiée au sein de son organisation. Celle-ci a pour mission le développement de programmes d’appui à la diaspora, la capitalisation de connaissances autour du rôle de la diaspora dans le co-développement ainsi que l’amélioration des mécanismes de coordination entre diasporas et système humanitaire conventionnel. DRC est également membre du DiaGram Network[1] qui regroupe plusieurs organisations apportant leur appui à l’engagement de la diaspora pour le développement. Depuis 2010, DRC travaille avec la diaspora somalie et afghane particulièrement représentée au Danemark. Aujourd’hui, elle souhaite élargir son action à d’autres diasporas pour partager et approfondir son expérience dans ce domaine.

Le grand dynamisme et les potentialités de la diaspora malienne et l’engouement démontré sur cette question par les équipes de terrain ont mené DRC/DDG à prioriser le Mali pour le développement d’un programme diaspora entre 2016 et 2020. En effet, l’ampleur de la diaspora malienne et son implication dans le co-développement en font des acteurs incontournables de l’aide au développement.

DRC souhaite s’engager dans un processus de collaboration avec les diasporas maliennes de France et de Côte d’Ivoire et développer en partenariat avec celles-ci des programmes ambitieux en faveur du développement au Mali.

DRC s’intéresse particulièrement aux régions du Nord et du Centre du Mali, directement affectées par le conflit et peu concernées par les programmes bilatéraux de co-développement et l’appui de partenaires (ONG, collectivités locales d’autres pays) aux initiatives de la diaspora, contrairement à des régions comme celle de Kayes.

 

 

1.2 Justification de l’étude

Une première évaluation menée en 2015 a confirmé la pertinence d’analyser de façon plus approfondie les dynamiques et les pratiques de la diaspora malienne comme acteur innovant de co-développement et d’explorer les voies de collaboration et de coordination de leurs actions avec celles des acteurs humanitaires conventionnels.

Cette première évaluation a également permis de cibler les diasporas de Côte d’Ivoire et de France comme acteurs stratégiques pour le Mali. En effet, la diaspora malienne est présente sur les cinq continents mais on estime que sur les 2,5 à 3 millions de Maliens vivants à l’étranger, 2 à 2,5 millions vivent en Afrique et 1 à 1,2 million en Côte d’ Ivoire. Les maliens de Côte d’Ivoire représentent ainsi un fort potentiel pour le développement de leur pays d’origine.

Le cas de la migration en France est singulier au Mali. En effet, si seulement 3% de la diaspora malienne y réside, le poids et l’impact économique, organisationnel, politique et historique, en fait un élément central de la diaspora malienne sur lequel se base souvent l’image d’une diaspora malienne dynamique, structurées et fortement investie dans le co-développement. Les immigrés maliens de France ont en effet joué un rôle de premier plan en matière d’élaboration et de concrétisation des programmes et politiques, tels que jumelage, coopération décentralisée ou FSP Co?développement. Cependant, cette migration doit être considérée comme un cas particulier du fait de son origine extrêmement localisée dans une région du Mali, celle de Kayes, et des facteurs historiques et culturels de cette migration. Enfin, son caractère historique, sa spécificité et son rôle important pour le développement au Mali fait de la diaspora de Kayes en France une des plus documentées (thèses, travaux de recherche, évaluations des acteurs de développement, etc…) et des plus sollicitées dans les programmes de co-développement. Par conséquent, nous disposons à ce jour de peu d’informations sur le reste de la diaspora malienne, très hétérogène mais peu visible dans les travaux et projets liés aux questions de co-développement.

Si les régions de Gao & Tombouctou, espaces de transit, sont également des zones de départ, cet aspect reste peu documenté et les caractéristiques des flux au départ de ces zones sont peu connues.

 

 

1.3 Présentation de l’étude conduite par DRC

DRC conduit actuellement une nouvelle phase de rencontres avec les autorités compétentes, les diasporas et les populations maliennes afin d’évaluer la faisabilité d’un programme diaspora développé par DRC au Mali en collaboration avec les diasporas maliennes de France et de Côte d’Ivoire,  de documenter la pertinence de la démarche pour les régions du Nord & du Centre du Mali et d’identifier des axes d’intervention.

 

Cette évaluation comporte quatre volets :

 

des rencontres avec les membres de la diaspora et les acteurs stratégiques (institutionnels et associatifs) en France

Equipe DRC

des rencontres avec les membres de la diaspora et les acteurs stratégiques (institutionnels et associatifs) en Côte d’Ivoire

Equipe DRC

des rencontres avec les acteurs stratégiques (institutionnels et associatifs) au Mali

Equipe DRC

 

la réalisation d’une enquête de perception dans les régions de Gao, Tombouctou et Mopti

Consultant externe

 

La compréhension des liens qui unissent la diaspora, leur famille et leurs communautés est un élément incontournable pour la réflexion de DRC autour d’un programme de collaboration avec les diasporas des régions de Gao, Tombouctou et Mopti. Cette compréhension nécessite d’analyser la vision des différentes parties. Dans cette optique, DRC fait appel à un consultant externe pour la conduite d’une enquête de perception auprès des ménages et des communautés dont est issue la diaspora de ces régions.

 

II – OBJECTIFS DE L’ENQUÊTE DE PERCEPTION

La réalisation de cette enquête vise trois objectifs :

Objectif 1 : Comprendre de quelle façon les pratiques migratoires (objectifs de la migration, liens avec le territoire d’origine) sont influencées par la perception de la migration par les communautés et par les dynamiques locales qui sous-tendent le départ des migrants

Les considérations migratoires étant imbriquées aux normes sociales et aux valeurs culturelles, il est nécessaire de comprendre la vision et la place de la migration dans ces communautés et la façon dont elles influencent les projets migratoires, indépendamment des facteurs économiques «push & pull» pour comprendre la nature des liens qui lient la diaspora avec son territoire et sa communauté.

 

Pour ce faire l’enquête devra aborder les aspects suivants (point non exhaustifs) :

- La migration est-elle voulue, soutenue ou subie par les familles/ communautés ? Comment et par qui est prise la décision de migrer ?

- Comment ces migrations sont-elles perçues par les familles/ communautés ?

- Quelles stratégies guident la migration : stratégie de subsistance ? De survie ? Etape naturelle de construction de l’identité ? Rite de passage ? Stratégie de promotion sociale ? Stratégie individuelle ou collective (familiale, communautaire) ?

- Le migrant a-t-il des engagements envers son territoire lors de son départ ?

- Quel rôle doit jouer la diaspora selon les populations locales ?

- la migration est-elle envisagée comme un vecteur de développement du territoire ?

- Quelles sont selon eux les perspectives concernant l’engagement de la diaspora pour le Mali ?

 

L’enquête devra dégager des « modèles migratoires »  qui mettent en évidence le sens et le rôle de la migration dans les différentes ethnies de ces régions. Ces modèles permettront de mieux comprendre les attentes des communautés vis-à-vis de la diaspora et en retour le rôle des membres de la diaspora dans les dynamiques locales, au niveau des ménages, des communautés et des villages.

 

Objectif 2 : Déterminer la nature des relations et des interactions entre les membres de la diaspora et leur famille/ leur communauté/ leur village et les attentes de ceux-ci vis-à-vis de la diaspora

L’enquête devra permettre de produire une cartographie des types de relations et d’interactions existantes entre :

- ménages & diaspora (1ère et 2e génération)

- communautés & diaspora (1ère et 2e génération)

- villages/communes et diaspora (1ère et 2e génération)

 

Objectif 3 : Evaluer l’impact de la migration au niveau local,  les changements sociaux, économiques, politiques qu’apporte la migration aux ménages/ communautés/  villages

 

L’analyse des impacts de la migration doit intervenir à trois niveaux : celui du ménage, de la communauté et du village/de la commune, et s’inscrire dans une approche globale (sociale, économique et politique) et aborder les aspects suivants (point non exhaustifs) :

- revenus (part des revenus de la migration dans les revenus du ménage, type de dépenses) : permettent-ils de nouveaux postes de dépenses accès sur l’épargne/ l’investissement de long terme (éducation, construction, etc…)/ les dépenses sont-elles dictées par le migrant ou par la famille ?

- transferts de normes/ évolution des traditions

- transferts de compétences

- structure familiale

- Investissement/ projets communautaires

- Entreprenariat

- Aide d’urgence/ protection sociale

- Gouvernance

- Réconciliation et construction de la paix/ gestion des conflits

 

Les résultats de l’évaluation seront consignés dans un rapport final.

 

III – COUVERTURE GEOGRAPHIQUE DE L’ENQUETE

L’enquête se déroulera dans les zones d’intervention de DRC dans les régions de Mopti, Gao et Tombouctou.

Région de Gao : Communes du cercle de N’Tillit

Région de Mopti : Communes des cercles de Douentza, Koro, Youwarou et Tenenkou

Région de Tombouctou : Communes des cercle de Gossi, Gourma Rharous, Niafunké, Tombouctou et Diré)

 

Le ciblage des communes et des villages sera réalisé par une mission d’identification du consultant sur base des critères suivants :

 

- communautés à forte pratique migratoire

- représentativité des différentes ethnies concernées par la migration

 

IV – DUREE DE L’EVALUATION

La durée totale de la consultation est de 35 jours calendaires y compris la période de préparation du rapport.

 

V – CHRONOGRAMME DE L’EVALUATION

 

1. Cadrage/ préparation

 

7

 

Analyse biblio

 

2

 

Rencontre préparatoire et de cadrage

 

1

 

Rédaction note de cadrage

 

2

 

Préparation de la mission (finalisation de la note de cadrage, prise de RDV, élaboration des outils)

 

2

 

2. Mission terrain

 

18

 

Temps de déplacements

 

2

 

Enquête terrain

 

16

 

3. Rédaction, remise du rapport

 

10

 

Traitement et analyse des données

 

5

 

Restitution du rapport provisoire et débriefing

 

1

 

Remise du rapport final

 

5

 

TOTAL de jours

 

35

 

Un atelier de restitution sera également planifié au courant du mois de janvier.

 

VI– PROFIL ET COMPTENCES RECHERCHES

L’enquête est ouverte à toute personne physique ou morale répondant aux conditions ci-dessous :

ü  Expertise en sociologie/ socio-anthropologie

ü  Expérience dans la conduite d’enquêtes de perception, d’évaluations participatives couvrant les domaines de la migration

ü  Maîtrise des techniques d’enquêtes qualitatives

ü  Au moins 1 personne de l’équipe doit avoir un profil senior, c’est-à-dire ayant au moins 5 ans d’expérience (le CV devra être joint à l’offre technique et faire mention des publications et rapports réalisés)

ü  Bonne connaissance des régions Nord du Mali

 

VII – OFFRES TECHNIQUE ET FINANCIERE

Les personnes physiques ou morales candidates à la présente consultation devront soumettre deux offres : une technique et une financière

1.     L’offre technique : devra faire ressortir les approches et les méthodologies que le postulant souhaite utiliser pour réaliser l’enquête et atteindre ses objectifs. L’offre technique devra également contenir un planning (chronogramme de réalisation de l’enquête). Enfin, il sera joint dans l’offre technique

 

-          les CV des personnes techniques en charge de la conduite de la consultation.  

-          La liste du personnel (superviseurs, enquêteurs) qui sera impliqué dans la réalisation de la consultation.

 

2.     L’offre financière : outre le coût total proposé, l’offre financière devra faire ressortir les détails des coûts des rubriques proposées. 

NB : DRC ne supportera pas de coûts liés à la conduite de l’activité dès son démarrage. Par conséquent, l’évaluation des coûts devra être faite en tenant compte de cette donne.

L’offre (technique et financière) qui sera retenue fera l’objet d’un contrat qui sera signé entre le postulant et DRC. Les modalités précises du contrat de consultance seront définies et discutées en temps opportun avec le postulant.

 

VII – DATES ET LIEUX DE RECEPTION DES OFFRES

 

Les offres techniques et financières doivent être envoyées séparément au plus tard le 9 décembre 2016 à l’adresse email suivante : pdqm-ml@drc-wa.org

Les offres peuvent également être déposées sous plis fermés au bureau DRC de Bamako (Mali) à l’adresse suivante :

Hamdallaye ACI 2000, Rue : 423, Avenue du Mali (Bougie)

Rue 341 en face du Haut Conseil National de Lutte contre le Sida

 

NB : Mention à porter sur les enveloppes : «Offres pour la consultation relative à l’enquête de perception de la diaspora par les populations des régions de Mopti, Tombouctou et Gao – DRC Mali »



[1] Les membres actuels de DiaGram sont Le Conseil Danois pour les Réfugiés (DK), Comic Relief (UK), Development Fund (NO), Forum Syd (SE) et GIZ (GE). Les objectifs de ce réseau sont :