Le Mali est un importateur net d’hydrocarbures. Les politiques économiques du pays sont fortement dépendantes des variations des prix de ces hydrocarbures. Ainsi, une flambée du prix du pétrole sur le marché international est lourdement ressentie à tous les niveaux au plan national. En effet, l’agriculture moderne emploie des machines qui fonctionnent à partir de ces produits. Il en est de même pour les moulins hydrauliques ou à moteur, pour ne citer que ces exemples parmi tant d’autres.

Les biocarburants (carburants d’origine végétale) se révèlent être alors une véritable source d’énergie alternative pouvant permettre aux populations de développer des initiatives nouvelles.

On distingue deux grandes classes de biocarburants :

  1. Les alcools : obtenus à partir de cultures riches en sucre ou en amidon (canne à sucre, sorgho, betterave, etc…) exemple : l’2thanol qui peut être utilisé à 100% en remplacement de l’essence (le Brésil et les Etats Unis en sont les plus grands utilisateurs actuellement)

  2. les huiles végétales : obtenues à partir des graines oléagineuses (pourghère, colza, soja, tournesol, etc….). Ces huiles peuvent remplacer le gasoil.

    Situation au Mali

    1. Les alcools

    L’alcool est un produit obtenu à partir de la canne à sucre. La superficie plantée en canne à sucre pour alimenter deux (2) unités industrielles à SUKALA est de 5 000 ha. Ces deux unités ont une capacité de 2 100 000 litres d’alcool.

    Toutes ces installations ont été mises en place en 1989, mais après la phase d’essai, le prix de l’essence a chuté et le carburol obtenu à partir de l’alcool n’était plus compétitif.

    1. Les huiles végétales

    Le pourghère (jatropha curcas ou bagani en bamanan) est un arbuste assez répandu dans le sud du Mali. La plante est essentiellement utilisée comme haie vive de protection et/ou de délimitation des parcelles. Elle résiste bien à la sècheresse et ne nécessite aucun entretien particulier. Elle peut commencer à produire en moins d’un an.

    Le pourghère atteint sa pleine productivité en 3 ou 4 ans selon la nature du sol et le climat. La plante vieillit entre 30 et 40 ans.

    La superficie actuellement plantée en pourghère est très faible. Les haies vives s’étendent sur environ 17 000 km. La production de graine est estimée à environ 2 kg par mètre linéaire, soit un potentiel annuel de près de 700 tonnes par an. Les possibilités d’accroissement de la production nationale sont énormes, car toutes les parcelles impropres aux autres cultures peuvent être plantées en pourghère.

    De la graine de pourghère, on extrait une huile qui représente environ 30% du poids de la graine. Cette huile peut être utilisée comme carburant dans certains moteurs aux fins de motorisation.

    1. Programme National de Valorisation Energétique de la Plante Pourghère (PNVEP) d’un coût total de 708 000 000 FCFA.

      L’objectif principal du projet : Il consiste à promouvoir l’huile de pourghère comme combustible de substitution au gasoil dans le cadre d’un développement durable sans dégradation de l’environnement.

      Les objectifs spécifiques consistent à :

      • l’électrification des villages par des groupes électrogènes  de 50 KWA fonctionnant à l’huile de pourghère ;

      • la conversion et l’utilisation de l’huile de pourghère pour 20 véhicules 4x4 de 10 à 20 CV dans le transport en commun, fonctionnant antérieurement au gasoil classique ;

      • l’accroissement de la production nationale en graines de pourghère par l’aménagement de surfaces conséquentes en milieu rural.

        La zone d’intervention du programme couvre les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou.

        Les femmes en milieu rural constituent le principal groupe cible du programme.

        C’est dans ce cadre qu’un atelier s’est tenu en décembre dernier à Bamako afin de mieux préparer une conférence internationale qui se tiendra le 16 janvier 2006 au Mali sur le pourghère.

        Cet atelier a permis l’information et la sensibilisation des participants sur le biocarburant comme source d’énergie alternative au gasoil et à l’essence. En outre les échanges d’expérience entre les participants et la capitalisation des résultats obtenus dans ce domaine au Mali favoriseront l’ébauche d’une stratégie de développement de la filière « huile de pourghère » et l’adoption d’un plan d’action à travers notamment l’implication des principaux acteurs dans la promotion des biocarburants et la prise en compte du biocarburant dans l’approvisionnement du pays en carburant.

        Observations

        Cette filière fait l’objet aujourd’hui de sous exploitation, malgré l’énorme potentialité qu’elle peut représenter. C’est le lieu d’inviter les jeunes diplômés, jeunes agriculteurs ruraux, travailleurs émigrés de retour, femmes rurales, les ONG et les particuliers à explorer davantage cette piste, qui peut constituer une réelle opportunité pour développer de nouvelles initiatives tendant à bien maîtriser le circuit allant de la culture à la transformation en passant par la récolte et la commercialisation.

        Pour de plus amples informations à ce sujet, s’adresser au Département Promotion de l’Emploi de l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE) ou au Programme National de Valorisation Energétique de la Plante Pourghère (PNVEP) sise à la Direction Nationale de l’Energie – Ministère des Mines de l’Energie et de l’Eau.

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