Le retard de la décentralisation affecte gravement l’emploi

Le Ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Iba N’DIAYE, a attiré l’attention sur la problématique de l’emploi et de la formation professionnelle qui dure et qui a pour noms : chômage et sous emploi des jeunes et des couches vulnérables de notre pays. C’était le 27 décembre, lors de la cérémonie d’ouverture de la concertation sur la problématique de l’emploi et de la formation professionnelle au Cerfitex de Ségou. Il était entouré des membres de son cabinet, des directeurs de services centraux et personnalisés du ministère, des responsables des collectivités territoriales et du maire de Ségou. Pour le ministre, c’est suite aux nombreux questionnements sur le phénomène du chômage que l’Etat a créé le ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle, la Direction nationale de l’emploi, l’Agence nationale pour l’emploi, le Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage, le Fonds auto renouvelable pour l’emploi et le Réseau des UFAEs. Il a, en outre, signalé l’élaboration de programmes spécifiques tels que le Programme national d’action pour l’emploi en vue de réduire la pauvreté et le Programme pour l’emploi des jeunes avec comme instrument financier, le Fonds national pour l’emploi  des jeunes. Toute cette batterie de structures révèle que le secteur s’est avéré particulièrement complexe et difficile à gérer. M. Iba N’DIAYE a soutenu qu’il faut conjuguer les efforts des acteurs institutionnels, des collectivités territoriales, des ONG, de la société civile… dans la recherche de solutions aux différentes sollicitations. C’est pourquoi, le cadre de concertation est appelé à faire l’état des lieux et trouver une approche partagée des questions d’emploi et de formation professionnelle. Force est de constater le ton mesuré et désabusé face à une problématique qui bloque l’accroissement de la productivité et la compétitivité de notre économie. L’échec dans le secteur est-il manifeste ? La question est d’autant plus cruciale que le ministre a souligné que le président ATT, le Premier ministre Modibo Sidibé et l’ensemble du gouvernement sont convaincus que le milieu rural dispose d’énormes gisements d’emploi. Il est confirmé par le président de l’Assemblée régionale de Ségou, M. Sékou Alou Diallo, qui précise que les activités économiques de la région sont dominées par le secteur primaire. « En effet, a-t-il dit, la région produit près de 37% de la production céréalière nationale.

L’existence des périmètres rizicoles de l’Office du Niger et l’Office riz Ségou favorise la production en riz estimée à près de 60% des besoins du pays. L’excédent céréalier de la région est estimé à plus de 300 000 tonnes. L’effectif du cheptel est estimé à 4 926 650 têtes, occupant ainsi la troisième place après Mopti et Sikasso ». Face à ces potentialités, il est légitime de se demander pourquoi une centaine de participants dont les présidents des Assemblées régionales et des Conseils de cercle, des cadres du MEFP et des personnes ressources ne cherchent ni plus ni moins qu’à instaurer un cadre d’échanges pour la cohérence des approches en vue de la prise en charge des questions de l’emploi et de la formation professionnelle. Il est évident que les chômeurs n’attendent beaucoup plus d’un secteur dont la priorité ne fait l’ombre d’aucun doute. C’est, aussi, sûrement la raison pour laquelle le ministre a jeté la balle dans le camp des jeunes : « nul doute qu’en incitant nos jeunes à créer des entreprises agricoles, a-t-il dit, ils pourront à coup sûr créer des emplois car tous les spécialistes s’accordent sur une certitude, à savoir que c’est l’entreprise qui crée l’emploi ». Nous ne sommes donc pas sortis de l’auberge puisque la problématique tourne autour de l’offre et d’une demande qui apparaît de plus en plus démesurée, surtout au niveau des collectivités décentralisées. Pourtant Iba N’DIAYE encourage les participants en leur signalant que notre pays dispose, dans le domaine de la formation professionnelle, de ressources humaines irremplaçables. A ce propos, il cite les maîtres artisans des communes et des villages. De ce fait, la décentralisation apparaît incontournable. Ce qu a conduit les participants à recommander la création de centres de formation adaptés aux réalités locales et un schéma directeur de l’emploi et de la formation professionnelle dans chaque région. Pour créer des entreprises, il faut des ressources humaines qualifiées. C’est donc à cette demande « hypertrophiée » que se heurte le ministre Iba N’DIAYE. Toujours est-il que son département cherche la voie en réunissant la demande et l’offre dans le cadre de la décentralisation, mais on continue de parler avec circonspection. Peut-être que, comme l’a dit ATT lors des cérémonies de vœux de nouvel an, rien ne sera plus comme avant. Pour l’instant, des milliers de jeunes sans emploi attendent toujours. Malgré deux Lettres de cadrage.

SOURCE : Le Républicain n°2538 DU 04 JANVIER 2008

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