L’Europe va ouvrir des agences pour l’emploi en Afrique
Pour lutter contre l’immigration clandestine
et écourter les séjours des travailleurs étrangers sur son sol,
« Nous voulons que les migrants viennent ici légalement et
qu’ils rentrent dans leurs pays d’origine une fois que leurs contrats sont
terminés », c’est ainsi que s’est exprimé, hier, à Bruxelles, Franco
Frattoni, le commissaire à l’immigration et vice-président de
Les travailleurs saisonniers du BTP, du tourisme et de
l’agriculture, seront la cible privilégiée de cette opération. Ils combleront
le manque que connaît l’Union européenne dans ces secteurs d’activité où sont
recherchés des employés de faible qualification.
Pour M. Frattoni, il s’agit d’une expérience destinée à
encourager « une immigration de circulation » dans l’UE, qui facilite
les allers-retours des immigrants entre le pays hôte et le pays d’origine. Le
but étant clairement de développer une immigration temporaire, d’éviter qu’ils
ne s’installent définitivement dans l’un des Etats de l’UE.
Le Mali, pays pilote
C’est au Mali que devra être lancée la première agence pour
l’emploi, dès le mois de février. Ce pays a été choisi, d’une part, parce que
nombre de candidats au départ en sont originaires. D’autre part, parce qu’il
possède une agence nationale pour l’emploi. Enfin, parce qu’il a l’expérience
des accords bilatéraux, notamment avec
En contrepartie,
Cependant, cette politique de développement de l’immigration
légale nécessite que les Etats européens acceptent de déclarer officiellement
le quota de travailleurs étrangers dont leurs économies ont besoin. Mais, pour
la plupart, ils sont réfractaires à cette idée. M. Frattoni a
déclaré : « dans mon pays, l’on avance le chiffre de 400 000 personnes.
Ca c’est pour l’Italie. Mais je ne sais pas combien de migrants sont
nécessaires à l’Allemagne, ou à
Le commissaire à l’immigration n’a pas manqué de rappeler la
nécessité de renforcer Frontex, l’agence européenne de surveillance des
frontières, et a appelé les Etats membres à y investir davantage de fonds.
En 2006, ce sont quelque 36 000 migrants originaires de l’Afrique
sahariennes qui, en quête d’un avenir meilleur, ont débarqué sur les seules
îles Canaries. Soit six fois plus qu’en 2005.




