FEMMES ET JEUNES DANS LE PDES
Promouvoir l’emploi des jeunes, mettre en place un dispositif spécifique de micro projets pour les femmes et réconcilier les jeunes avec la terre, sont les axes principaux du projet d’ATT pour les femmes et les jeunes, tel qu’il ressort de son Programme de développement économique et social (PDES) pour 2005-2012.
Les 13,5 millions de Maliens sont en majorité jeunes et à dominance de sexe féminin. 48% de la population à moins de 15 ans et environ 51% est de sexe féminin. La tranche d’âge entre 15 et 40 ans dépasse 65% de la population. Les jeunes et les femmes constituent une frange démographique qui se superpose : en effet, sur les 65% de jeune que compte le pays, plus de la moitié est de sexe féminin. Plus de 70% des Maliens vivent en milieu rural, mais la croissance démographique qui est légèrement supérieure à 2% est plus forte en milieu rural (plus de 4%) qu’en milieu urbain (un peu moins de 1,5%).
« Dans ce sillage et parce que l’emploi demeure ma priorité, il est essentiel d’aborder la problématique commune des jeunes et des femmes, sous l’angle fondamental de l’emploi », dit le général. Dans ce cadre, le président compte mettre en place « un dispositif d’envergure pour l’emploi des jeunes ».
Dans le document d’orientation sur l’emploi des jeunes, il est dit que : « l’emploi des jeunes s’assimile à une question de sécurité nationale qui conditionne la pax et développement de notre pays ». « A partir de ce constats, nous avons demandé au gouvernement de faire de l’emploi des jeunes sa priorité majeure et surtout d’initier un Programme pour l’emploi des jeunes (PrJ) ».
Cependant, le Pej n’a créé à ce jour que des emplois précaires, à travers ces quatre volets que sont : le renforcement de l’employabilité des jeunes à travers les stages de qualification et l’apprentissage, le développement de l’esprit d’entreprenariat chez les jeunes, le développement de l’emploi rural à travers l’approche Himo (haute intensité de main d’œuvre) et la facilitation de l’accès des jeunes au crédit.
Un Fonds national pour l’emploi des jeunes (Fnej) a été créé en août 2003 avec une dotation de 18,5 milliards de F CFA et avec pur but de financer des programmes de création d’emploi pour les jeunes, conçus et mis en œuvre par l’Apej et à faciliter l’accès des jeunes promoteurs au crédit. A ce jour, son bilan n’est pas fait…
Un volet important du projet présidentiel pour les jeunes est le « retour à la terre ».
« Au Mali, nous avons un énorme potentiel agricole inexploité, des besoins alimentaires de plus en plus importants et parfois insuffisamment couverts, et une multitude de bras non utilisés ».
Cette situation est due principalement au manque d’information des jeunes demandeurs d’emplois sur les opportunités agricoles, à l’absence de cadre attractif pour les jeunes en milieu rural, au sous-équipement des systèmes de production primaire et aux problèmes de financement des projets des jeunes promoteurs.
« C’est ainsi que nous avons décidé qu’au moins 10% de l’ensemble des surfaces aménagées seront réservés aux jeunes. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons mis à la disposition de l’Apej 1000 tracteurs, en vue d’encourager des jeunes à se lancer dans l’intensification agricole ».
En plus, ATT compte, pour les jeunes, vulgariser les connaissances agricoles dans l’enseignement secondaire, créer « deux à trois autres » centres de formation technique et professionnelle aux métiers de l’agriculture et mettre en place « un dispositif financier spécifique à l’installation des jeunes dans les métiers agricoles ».
Prévenance présidentielle
En plus, prévient le général, il faut que les jeunes « comprennent qu’il est plus intéressant de travailler à la campagne en gagnant sa vie que de chômer dans les centres urbains à la recherche d’un hypothétique emploi. Les métiers de la terre peuvent être rémunérateurs. Les filières agricoles, pastorales, piscicoles et forestières offrent d’importantes opportunités. En plus de la production du riz, des céréales, des fruits et légumes, du bétail, du poisson…, i u a toutes les possibilités de transformation dans l’agro-industrie, de la fabrication et de la maintenance des équipements agricoles ».
Pour les jeunes et les femmes, il s’agira de promotion de l’emploi. « Pour ce faire, les régions seront dotées de schémas directeurs de l’emploi et de la formation professionnelle qui seront intégrés dans leur Plan de développement économique, social et culturel (PDESC).
Ces schémas à mettre en œuvre seront basés sur les potentialités économiques locales en vue d’assurer le décollage économique des régions et l’émergence de pôles régionaux de croissance économique et d »emploi ».
La micro finance a connu un réel essor au Mali au cours de ces dernières années. Un plan d’action pour le développement de micro finance en collaboration avec l’Association des professionnels et adopté par le gouvernement en mai 2005. de fait, fin 2006, 800 unités de base de la micro finance sont agréées au titre des Systèmes financiers décentralisés, avec un encours global des dépôts de 37,6 milliards de F CFA et de crédit de 50,7 milliards de F CFA. le nombre total de sociétaires recensés était de 780 945 personnes, dont 327 995 femmes. Cette dernière année, une structure nationale a été mise en place pour coordonner leurs actions.
Pour la promotion économique des femmes, il y a un volet important de construction de centres d’autopromotion, octroi d’équipements de transformation de produits agroalimentaires, installation de plates-formes multifonctionnelles, octroi d’équipements de transformation de produits agroalimentaires, installation de plates-formes multifonctionnelles, octroi de crédits, de tracteurs…
« La question de sa participation à la vie publique, et globalement celle de sa situation sociale a été prise en compte.
Ces efforts seront poursuivis pour qu’une plus grande place soit faite aux femmes dans l’exercice des responsabilités publiques. Nous continuerons à ouvrir avec elles, de nouveaux horizons, notamment en ce qui concerne la nécessité pour notre société de leur assurer tous leurs droits ». Et de crédit de 50,7 milliards.
SOURCE : LES ECHOS N°990 DU LUNDI 29 OCTOBRE 2007




