L’absence d’un cadre de concertation structuré et permanent avait exacerbé le déficit de communication et de collaboration, affectant du coup les performances des services relevant du département.

Le Centre international des conférences de Bamako a abrité jeudi et vendredi, un forum national d’échanges entre les structures du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. L’ouverture des travaux de cette rencontre de deux jours était présidée par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Ibrahima N’Diaye et s’est déroulée en présence de deux autres ministres : Mme Maiga Sina Damba (Promotion de la Femme, de l’Enfant, et de la Famille,) et Mme Sidibé Aminata Diallo (Education de Base, Alphabétisation et Langues nationales). Les participants étaient au nombre d’une centaine (de l’intérieur et du district de Bamako).

“Ensemble contre le chômage et le sous-emploi“ “formation professionnelle adéquate, premier facteur de toute croissance“, voici deux des slogans que l’on pouvait lire sur les banderoles accrochées aux murs de la salle Fanta Damba n°2 du CICB.

Au cours de la rencontre, les responsables réunis ont écouté une présentation du Projet de développement économique et social (PDES) initié par le président de la République. La feuille de route du département et la stratégie de mise en œuvre qui l’accompagne ont été exposées. Cette stratégie est basée sur la synergie  d’action entre les structures relevant du département. Ces exposés ont été suivis de débats.

 Au terme des travaux, les participants ont fait des recommandations. Ils ont ainsi préconisé d’accorder une place primordiale au développement des ressources humaines, de faire de la décentralisation une réalité en transférant les ressources humaines et financières adéquates aux structures régionales pour l’exécution des plans d’action, projets et programmes du département. Il est proposé d’installer des mécanismes adéquats pour créer une synergie entre les différentes structures, d’encourager l’auto-emploi des jeunes et des femmes. Enfin, une autre recommandation porte  sur l’institution d’un mécanisme de suivi-évaluation entre les services relevants  du département.

Pour le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Ibrahima N’Diaye, ce forum d’échanges entre  les cadres du contexte marqué par la mise en œuvre  du PDES, le renouveau de l’action publique, la fin prochaine de la première phase du Programme emploi jeune (PEJ). Il intervient également au moment où le processus d’adoption du Programme décennal de l’emploi et de la formation professionnelle est enclenché.

Durant ces dernières années, a relevé le ministre N’Diaye, l’emploi s’est imposé comme une préoccupation majeure dans tous le développement. En conséquence le problème de l’emploi constitue un défi majeur  pour les politiques nationales. De la réponse qui sera apportée à ce défi dépendra pour une bonne part l’équilibre de notre pays, a-t-il précisé.

Et d’ajouter que l’État a fait de l’emploi en général et celui des jeunes en particulier, son cheval de bataille en raison de son impact sur la paix sociale. Or la cohérence et l’unité de l’action nationale  requise pour la mise en œuvre efficiente de la politique nationale de l’emploi reste en deçà des espérances en ce qui concerne les démembrements du département. Surtout au niveau des régions, a déploré le ministre “Ce malaise est d’autant plus perceptible que l’absence d’un cadre de concertation structuré et permanent a exacerbé le déficit de communication et de collaboration affectant du coup la bonne marche même des structures“, a-t-il insisté.

Il a aussi regretté que les politiques et programmes développés ces dernières années soient resté timides et que les résultats obtenus aujourd’hui n’aient pas permis de réduire de façon perceptible le taux de chômage en raison d’un certains nombre de facteurs : l’afflux massif des jeunes diplômés sur  le marché du travail, le nombre important des déflatés et  de déscolarisés etc. “Dans ce contexte, la formation professionnelle apparaît comme une alternative crédible pour aider ces jeunes dans leur droit de se préparer pour la vie active par l’insertion socioprofessionnelle et ou la reconversion professionnelle “, a jugé Ibrahima N’Diaye.

Le ministre a estimé qu’au moment où la  vision du secteur de l’emploi et de la formation professionnelle comme facteurs de croissance et de développement économique, est de plus en plus partagée, ce forum permet de jeter un regard rétrospectif sur les actions, projets et programmes et de se projeter vers un avenir dont les jalons sont déjà posés dans le PDES.

Source :  Essor  n°16181 du  mardi  du 22 avril  2008

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